lundi 26 janvier 2009

Princes...



C'est bientôt le printemps. Autant commencer de suite.
J'en ai causé deux mots trois lettres avec mon sur-moi de saison : je crois qu'ilL est d'accord.
Sur le principe

...

Il disait aimer mes couleurs, ne pas comprendre leurs formes. Il voulut me montrer son travail. Des peintures minutieuses de gaucheries, d'applications raides, douloureuses. Je crois qu'il voulait dessiner comme Michel-Ange ou Picasso à 12 ans.
Je n'avais pas la force de m'en débarrasser, je ne savais plus ce qu'il voulait, où il me faisait mal. Il parlait parlait parlait, quand d'un geste vague, semblant s'excuser d'avance, il me montra une de ses sculptures.

Je la connaissais bien. Dès que j'étais entré dans ce lieu, elle m'avait irrésistiblement attiré, magnétisé, soudé l'âme, comme une autre fois bien différente, au Rijskmuseum , une certaine rue de Delft.
C'était un orang outang assis, les mains posées sur leurs dos, sur ses cuisses reposées. C'était un Bouddha qui aurait tout compris, tout saisi, tout relâché. C'était un Rodin qui aurait soudainement trouvé la parole. Une petite motte de terre, paf paf, quelques coups de pouces et de doigts, c'était tout.

A bonne distance de ce repos éveillé, un lion frère rugissait, tendu sous un drap humide. Si un son réel était sorti, j'imaginais qu'un quart aurait bien suffit à faire trembler la planète. J'exagère un peu.

On ne s'est plus dit grand chose, on ne s'entendait pas de toutes façons, c'était trop tôt. J'ai repris mes pinceaux en silence, lui les siens.
On m'a dit qu'ils le laissaient sortir une fois par semaine, que ces cours de peinture lui faisait du bien. De l'art-thérapy en quelque sorte...

2 commentaires:

sdb et tutti frutti a dit…

Entre deux avions, j'ai pu lire.

Derviche typo matamore II a dit…

J'espère que ça valait le coup de faire voler les citernes géantes :)))